À F. et A., qui m'ont fait découvrir ce lieu, chacun à leur manière
À l'angle de St Viateur et Bloomsfield se niche l'un des parcs les plus calmes de Montréal. Il est 11h15, nous sommes en plein mois de juillet, c'est les "vacances de la construction", les enfants sont en congés. Je suis sur un banc, à l'abri de la chaleur naissante de la fin de matinée.
Derrière moi, de grandes maisons stoïques et protectrices gardent jalousement leurs secrets et leur fraicheur. On peut presque sentir, d'ici, le silence des longs couloirs plongés dans la pénombre des volets clos, et cette odeur de naphtaline qu'ont les maisons trop grandes et presques inhabitées - et pourtant si pleines de souvenirs d'enfance, souvenirs des siestes d'été où l'on ne dort pas car on attend avec trop d'impatience l'heure de la plage - ou, ici, l'heure du parc.
Devant moi, une "cage à enfants" entourée de grandes barrières de fer, où des mamans, principalement, poussent leurs bambins sur des balançoires, en plein soleil, alors que tout le reste du parc est à l'ombre.
Et tout ça, dans le silence.
Un silence incroyable, où même les enfants sont calmes et se contentent de gazouiller joyeusement; influence du quartier juif? Un silence entrecoupé du grésillement des cigales et du bruit du vent dans les arbres; pour un peu, on se croierait en Provence - ou dans le Périgord, peut-être-, en plus citadin.
Parfois, quelques voitures, des SUV, comme il se doit à Outremont, brisent quelques secondes la quiétude ambiante, du bruit léger de leur moteur insonorisé. Un enfant pleure, ici ou là, vite calmé par ses parents. Ici, il faut "ménager son voisinage", comme le disent les panneaux. A tout celà, il faut rajouter les écureuils, dont on entend les pas feutrés dans l'herbe et les bruits de grignotage, et la lumière qui filtre à travers les feuilles au-dessus de moi, ainsi que le bruit de la fontaine, qui, plus loin, raffraichit l'air.
À quelques "blocs", comme ils disent ici, des femmes de tous âges, toutes de noir vêtues, jusqu'au col enchâssées, lisent calmement et inlasablement, sous la tonnelle de leurs immenses demeures, des livres, eux aussi, sans âge; ce sont les juives d'Outrement.
Dans ces rues-là, pas un bruit; encore moins qu'ici. De temps à autre, un "couple" de bambins, vestes noires et pulls à lozanges bleus pâles pour les garçons, robes noires ou grises aux fleurs roses pâles pour les petites filles, passe devant ces demeures, main dans la main, les bouclettes des garçons et les jupes des filles dansant sous leur kippa ou sur leurs jambes avec le mouvement de leurs pas, seul élément instable de toute leur petite personne bien rangée et uniformisée.
Parfois, enfin, un père; un patriarche. Seul, chapelet à la main, chapeau noir sur la tête, ventre souvent omniprésent, il avance d'un pas lent, décidé et soucieux, qui tranche avec l'insoucianse irresponsable des femmes et des enfants.
Outremont, rencontre de deux mondes, de deux époques, de l'idéologie et de la vacuité de l'âme. Tout cela, dans le calme; et le silence.
27/07/2008
25/07/2008
Il n'y a pas que les chats qui ont faim!
Juste pour rire... Après la vidéo du chat, bienvenu au lapin de Pixar!
Pour voir la vidéo en entier, rendez-vous sur http://www.cartoons-land.com/2008/07/20/pixar-presto-hd/
Manifestement, Pixar se serait inspiré de cette petite vidéo d'un étudiant américain: http://www.youtube.com/watch?v=nJeoMSefUsQ; j'ose espérer qu'ils lui payeront des droits!
Pour voir la vidéo en entier, rendez-vous sur http://www.cartoons-land.com/2008/07/20/pixar-presto-hd/
Manifestement, Pixar se serait inspiré de cette petite vidéo d'un étudiant américain: http://www.youtube.com/watch?v=nJeoMSefUsQ; j'ose espérer qu'ils lui payeront des droits!
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